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Description : [EGYPTOLOGIE]
Correspondance d’Auguste CHAYOLLE à Pierre BALTHALON.
1784 à 1829.
Environ 720 lettres autographes signées, lettres ou pièces signées,
la plupart in-4 écrites à l’encre sur papier vergé, envoyées de Paris,
Versailles où Thoiry par Auguste CHAYOLLE ancien Consul de France
à Bagdad à Pierre BALTHALON négociant à Marseille.
Cette correspondance inédite provenant de l’archive BALTHALON
vient compléter utilement la correspondance de Bernardino
DROVETTI acquise par la Bibliothèque Centrale des Musées Nationaux
lors de la vente aux enchères à Marseille de l’archive BALTHALONDROVETTI en 1997 (Etude Fleck-Raymond).
Plusieurs de ces lettres concernent la collection d’antiquités
égyptienne du consul Bernardino DROVETTI et les péripéties qui
amenèrent le musée du Louvre à acquérir sa deuxième collection
en 1827. D’autres nous renseignent sur l’activité consulaire dans
les Echelles du Levant, l’Ecole des Jeunes de langues de Paris, la
campagne d’Egypte de Bonaparte, le commerce des antiquités
égyptiennes dans les années 1820-1825, le renvoi du ministre d’état
Chateaubriand, les cadeaux du Pacha d’Egypte, la bataille navale de
Navarin…
DE CHAYOLLE Antoine-Auguste, ancien consul de France à Bagdad,
premier interprète honoraire du Roi. (17 janvier 1748-31 mars 1832)
Elève à l’âge de 9 ans de l’Ecole des jeunes de langues au lycée
Louis le Grand à Paris, il y fait de brillantes études de 1757 à 1765.
Cette école crée par en 1669 par Colbert à l’imitation de Venise
est destinée à former des interprètes de carrière devant servir de
drogmans aux ambassadeurs et consuls de France. Auguste Chayolle
sera drogman à Alexandrie en 1769, puis vice-consul à Bagdad en
1783.Il supplée gratuitement Venture de Paradis auprès des Jeunes
de langues de 1788 à 1790 puis du 31 mai 1793 jusqu’à octobre 1797
avant d’occuper officiellement le poste de directeur des élèves et
professeur d’arabe et de turc à l’Ecole des Jeunes de langues de 1798
à 1826. C’est par l’intermédiaire de Pierre Balthalon qu’il devient en
1804,chargé de procuration du consul Drovetti à Paris, recevant pour
lui ses appointements de vice-consul et lui transmettant ses fonds à
Alexandrie. Personnage clé de cette correspondance Auguste
Chayolle présente aux yeux de Drovetti le double mérite de connaitre
le levant, en particulier l’Egypte, et d’avoir ses entrées au ministère
des Relations extérieures dont dépend depuis la Révolution, l’école
des Jeunes de langues dont il est le directeur. Comme Pierre
Balthalon, et bien que n’ayant jamais rencontré Drovetti, Chayolle va
déployer des trésors d’énergie et de patience pour s’occuper des
affaires du consul. Outre la gestion des appointements du consul,
Chayolle prend en charge l’installation de l’épouse de Drovetti et
ses enfants à Paris et veille à l’éducation de Giorgio le fils unique du
consul. Chayolle se démène aussi de son coté pour la vente de la
collection d’antiquités du consul en particulier celle d’un sarcophage
de pierre qu’il réceptionne à Paris en 1825 après maintes difficultés
rencontrées lors de son transport depuis Marseille. Ce n’est qu’en
1827 qu’il rencontrera personnellement Chayolle à Paris après avoir
entretenu avec lui une correspondance de plusieurs années. La
dernière lettre d’Auguste de Chayolle à Pierre Balthalon est datée
du 11 aout 1829. Son avis de décès daté du 31 mars 1832 adressé à
Madame Balthalon est joint à cette correspondance.
BALTHALON Pierre-Clément, négociant à Marseille. (1753-1830)
A la tête d’une maison de commerce à Marseille, Pierre Balthalon est
le destinataire de ces lettres d’Auguste de Chayolle. Il appartient à
une famille de marchands installée dans la cité phocéenne au début
du XVIIIe siècle et à Alexandrie à partir de 1776 par autorisation de la
chambre de commerce de Marseille. C’est son frère cadet Joseph qui
tiendra la maison de commerce d’Alexandrie de 1177 à 1804. Celui ci
est marié à Rosine Rey, fille d’un riche boulanger du Caire dont il a
eu quatre enfants nés en Egypte : Joseph, Joséphine, Clémentine et
Sophie. Après s’être séparé de son épouse en 1804, Joseph Balthalon
partira s’installer à Constantinople. Après le divorce de leurs parents,
les deux ainés Joseph et Joséphine seront accueillis à Marseille par Pierre Balthalon puis les plus jeunes Clémentine et Sophie, à leur
retour d’Egypte en 1812. Rosine Rey épousera en 1818 le Consul
Bernardino Drovetti avec qui ils auront un fils Giorgio (né en 1812).
Pierre Balthalon devient au fil des années un ami dévoué du consul
Drovetti avec qui il entretiendra une correspondance durant
26 années. Il entreprendra d’incessantes démarches auprès de
correspondants à Paris pour son avancement et sa naturalisation.
C’est lui à qui il incombait le soin de réceptionner au sortir de la
quarantaine à Marseille les caisses d’antiquités, les cargaisons de
natron, les chevaux et animaux exotiques dont la fameuse girafe,
cadeaux du Pacha d’Egypte à Charles X. En 1827 lors d’un très court
séjour en France Drovetti retrouve Balthalon pour la première fois
depuis 24 ans.
DROVETTI Bernardino, consul de France à Alexandrie, collectionneur
d’antiquités égyptiennes. (1776-1852)
D’origine italienne, Bernardin Drovetti participe comme colonel à
l’expédition de Bonaparte en Egypte. Il est nommé Consul Général
dans ce pays en 1810. Lors de l’avènement de Louis XVIII en 1814,
il perd ce poste. Cependant estimé de Mohamet Ali, il demeure
en Egypte où il continue son œuvre de chercheur d’antiquités. Sa
charge de Consul Général lui est en rendue en 1821, il la conservera
jusqu’en 1829.Bernardino Drovetti a dirigé d’importantes opérations
de fouilles, notamment à Thèbes, et pour cela s’entoure d’agents très
habiles tels Jean-Jacques Riffaud. Il réunit au total trois collections
et propose la première à Louis XVIII qui la refuse, l’estimant trop
couteuse. Finalement en 1824, Drovetti la vend pour 400 000 lires au
Roi de Sardaigne, Charles Félix, pour le musée de Turin, un des
premiers à posséder une collection égyptienne de grande valeur…
En 1827, Charles X achète, sur les conseils de Champollion et pour le
musée du Louvre, sa deuxième collection tout aussi prestigieuse. La
troisième et dernière collection de Drovetti, est acquise par le musée
de Berlin…
Bibliographie
Lettres de Bernardino Drovetti consul de France à Alexandrie (1803-1830), présentées et commentées par Sylvie Guichard.
Maisonneuve & Larose, 2003. La Découverte de L’Egypte -
Flammarion-1989.
Je vais vous surprendre, mon cher Balthalon, votre ami avait fait le
vœu de vivre et mourir dans le célibat, il manque à son vœu, il va se
marier. Il va se marier, il épousera après Pâques une personne de dix
neuf ans qui joint aux qualités de la figure, de l’esprit et du caractère,
les avantages de la fortune[…] il est bien juste qu’en ma qualité de
levantin, je donne à ma bonne amie du café moka et non du café des
iles[…] Je vous prie de m’envoïer une couffe de de bon ris et la valeur
de cinquante livre de café moka […] Je viens de faire l’acquisition d’un
domaine dont je prend le nom, il s’appelle Chayolle. C’est sous ce nom
que vous voudrez bien m’écrire dorénavant[…] M. de Chayolle ancien
Consul de France en levant. L.A.S. du 23 mars 1790
[…] M. Drovetty a décidément la gestion du Commissariat général
d’Egypte ,il joindra à ses appointements actuels 9,000 francs pour
la moitié des appointements de dix-huit mille francs attribués
au Commissariat général[…]lorsque la farde de café dont vous
m’annoncez l’envoi d’ordre de notre ami, me sera parvenue, je vous
en informerai […]
L.A.S. du 19 nivose an 13
[…]Vous m’adresserez le sachet de 20 médailles et la caissette
contenant des papyrus destinés pour M. Dhermand , quant à la grande
natte façon de menouf qu’il m’envoie personnellement en cadeau,
je vous prie de me dire ce que c’est, et de la garder jusqu’à ce que
je sache ce qu’on peut en faire. Je ne vois guère de quel usage cela
peut être dans un logement à Paris. Vous pourriez aussi m’adresser le
paquet de manuscrits destinés pour M. Silvestre de Sacy à qui je les
remettrai […]
L.A.S. du 3 novembre 1814.
J’ai vu hier M. Jomard. Lui et M. Adanson me confirment nos
espérances. Ils me répètent que le Ministre a donné sa parole[…] M.
Jomard s’applique à relancer l’achat du Cabinet. Rebuté quelques
instans par le Ministre de l’intérieur effarouché d’avoir à demander
400 mille francs pour cet objet, il l’a ramené .Il s’agirait aujourd’hui
d’engager le Ministre de la maison du Roi à faire fournir la moitié de
la somme par la liste civile. M. Forbin directeur du Musée a promis
d’apuïer cette mesure Quel bon jour, mon cher, lorsque notre ami
commun pourra avoir une solution favorable sur ces deux points […]
L.A.S. du 4 février 1821
[…] Me voici déchargé d’un grand poids. C’est la première, l’unique
fois de ma vie que j’ai emploïé l’intrigue pour réussir. Je le devois pour
l’amitié que je porte à M. Drovetti, pour la justice qui lui était refusée,
et pour le bien du service de la France. Nous ne pouvions espérer
d’extension et de sureté pour notre commerce et notre navigation en
Egypte qu’en aïant M. Drovetti pour notre Consul. Cette nomination
fera plaisir au Pacha [….]
L.A.S. du 24 juin 1821
[…] M. Drovetti se proposait en vendant son cabinet pour le Piémont
de réserver quelques beaux morceaux pour le musée de Paris. S’il est
toujours dans cette intention, il pourrait en faire hommage à S.M. par
l’intervention du ministère des affaires étrangères. Cet échantillon
pourrait fournir à M. Jomard des moïens de renouer la négociation qui
est suspendue. Je vais faire un rêve, le Pacha pourrait faire acheter le
cabinet en le païant comptant ,en faire cadeau au Roi qui se croirait
obligé de reconnaitre le présent - C’est un rêve que je fais.[…]
L.A.S.du 30 juin 1821
[…] j’ai représenté à M. Jomard combien devenaient onéreuses pour
notre ami les recommandations qu’on accorde ici aux individus à
qui il prend l’idée d’aller en Egypte. Il l’a senti, il regrette depuis
longtems d’en avoir donné une à celui qui pour une destruction
de beaux morceaux d’architecture, a enlevé le Zodiaque qui vient
d’arriver à Marseille, et dont il est demandé soixante mille francs au
gouvernement. Les journaux étrangers crient vivement contre cette
destruction, et rappellent à ce sujet les vociférations de nos papiers
publics contre Lord Elgin enlevant et transportant dans son païs des
marbres d’Athènes[…]
L.A.S. du 11 déc. 1821
[…] je vous remercie du plaisir que vous m’avez fait en vous empressant
de m’annoncer la réussite du traité avec le gouvernement de Turin
pour la collection de M. Drovetti,le voici enfin affranchi des soucis
cruels que lui donnait son état de détresse ainsi que dupénible des
dettes contractées pour former cette collection[…] j’ai communiqué
à M. Jomard sous l’observation du secret ,la conclusion de ce traité.
La bonne foi du Roi de Sardaigne qui s’est cru engagé par la parole de
son prédécesseur fait contraste avec ce qui est arrivé à M.Thedenat.
M. Jomard gémit de ce que la France s’est privée de cette collection
précieuse, mais d’un autre coté, il se réjouit de ce que les peines
pécuniaires de M.Drovetti vont cesser. Il faut d’autant plus se féliciter
à ce sujet qu’on est toujours plus inondé ici d’antiquités égyptiennes,
plusieurs particuliers à Paris en sont embarrassés. On dit qu’il y en
a une forte partie à Avignon, que Mme. Thedenat en apporte une
grosse quantité d’Alexandrie, on en propose à Rome. Les facilités
qu’on trouve auprès du Pacha pour faire des fouilles, avilira ce genre
de recherches scientifiques. M. Thedenat fils commence à faire courir
son catalogue pour la prochaine vente publique qu’il doit faire[…]
L.A.S. du 4 décembre 1822.
[…] nous avons d’abord parlé [avec le Comte de Forbin] du
sarcophage arrivé. Il a montré les calques aux savans chargés de ces
examens. Leur réponse a été qu’il fallait avoir le monument sous les
yeux pour asseoir un jugement définitif. Il pense en conséquence qu’il
faut le faire arriver à Paris, M. Jomard a la même opinion. M. Drovetti
vous avait d’abord demandé de le faire passer sur un navire au Havre
et à Rouen d’où il viendrait par la Seine , il vous a marqué ensuite de le
garder à Marseille. Consultezvous avec M. Tourneau, il faut poser en
principe que le monument ne sera susceptible d’être vendu qu’autant
qu’on l’aura sous les yeux. Vous pourriez savoir le marché fait par M. le
Lorrain pour la voiture qui a amené le sien arrivé à Paris, vous informer
ce qu’il en couterait pour lui faire remonter le Rhône jusqu’à Lyon ,et
ensuite le port de Lyon à Paris […] M. Jomard vous prie d’envoïer la
largeur, la longueur, la hauteur du monument, y compris la caisse,
afin de connaitre à l’avance s’il peut passer la porte du magasin qu’il
a à sa disposition ou en choisir un autre[…]
L.A.S. du 6 octobre 1824.
[…] Si nous en venons à l’expédition de tous les objets, ce qui ne sera
décidé qu’après la réception des renseignemens que j’attends de
votre amitié, il faudra que les statues soient mises dans des caisses.
Quant au grand sarcophage et à son couvercle, il suffira qu’ils
soient dans un batti à claires-voies en observant que les douves qui
le formeront soient fortes ,en bois solide comme le chêne, et que
surtout les douves garantissent suffisamment les encoignures des
monuments .Vous pourrez peut être découvrir l’ouvrier qui a arrangé
le sarcophage de M. le Lorrain […] J’ai remis hier à M. Royer la
boëte emballée qui renferme le beau portrait du Roi, et sous votre
enveloppe la lettre de M. de la Rochefoucault qui annonce à notre
Consul le présent que Sa Majesté lui accorde […]
L.A.S. du 23 octobre 1824
[…] Une de mes précédentes vous a indiqué les moïens à prendre pour
éviter que les monumens soient endommagés. Les catalogues parlent
d’idoles d’albâtre et vases d’albâtre bien conservés. Cela doit faire
un petit volume vous pourriez les envoïer en même tems que le grand
sarcophage, ainsi que les autres objets curieux et de peu de volume
en prenant les précautions nécessaires pour qu’ils ne souffrent point,
faites pour le mieux. Le voiturier devra attendre hors des barrières
et venir m’avertir afin que je désigne l’endroit où il sera possible de
déposer les objets[…]
L.A.S. du 4 novembre 1824
[…] Les savans et M.de Blacas ne cessent de gémir et d’être désespérés
de ce que la grande collection de M.Drovetti n’a pas été
acquise par la France. Chaque lettre de M. Champollion que le feu
roi sur la demande de M.de Blacas a envoïé à Turin pour travailler sur
cette collection renouvelle et augmente les regrets .Il a trouvé dans
les papyrus des documens précieux en hiéroglyphes expliquées par
35
des mots entiers en lettres égyptiennes. Ceci ne forme qu’une partie
de ses regrets ils s’étendent sur toute la collection. Il est essentiel que
la Coudée arrive intacte, il n’y avait conséquemment pas à balancer
d’attendre la fin de la quarantaine pour la retirer. Vous prendrez les
précautions nécessaires pour sa conservation pendant la route ,en
la mettant dans une caisse si elle n’ y est pas, et en faisant emballer
la caisse en toile grasse ,toile et paille afin que l’incrustation en pate
blanche soit garantie de l’humidité. Vous ferez plomber la caisse. […]
L.A.S. du 24 novembre 1824
[…] vos missives des 29 novembre-2 et 4décembre ont pour principal
objet le transport du sarcophage .Celle du 2 décembre me remet la
copie du marché conclu entre Mrs d’Olbeau et Cie commissionnaireschargeurs patentés et M. Joseph Tassel voiturier pour le transport du
sarcophage, moïennant le prix de Cinq mille sept cent farncs. Je l’ai
communiqué à M. Jomard qui se réjouit avec moi de ce que vous êtes
enfin parvenu à trouver un moïen de transport .Voici ce qu’il m’a écrit
pour le transport des autres monumens. « il serait utile qu’un homme
de gout mit par écrit des détails sur le mérite des statues et autres
fragmens notables en granit et en pierre calcaire. Il convient aussi
que M. Drovetti m’envoie pour le ministre de la maison du Roi une
proposition pour céder la seconde collection en joignant à l’appui
un état des pièces monumentales ,statues, tableaux…La partie des
curiosités archéologiques doit former une demande à part pour le
ministère de l’intérieur » […]
L.A.S. du 27 décembre 1824
[…] Je pense enfin, mon cher ami, vous dire que le sarcophage a
été descendu sans accident et placé dans la salle qui doit le garder
jusqu’au moment ou le gouvernement se prononcera . M. Champollion
frère, je crois, de celui qui est à Turin est venu hier le voir, il l’a jugé
du plus grand intérêt .Il dit l’avoir reconnu pour être le sarcophage
de Prometticus le grand. J’attends que l’on ait posé des planches
sur les poutres qui portent le monument pour avertir M. le Comte de
Forbin qui m’a déjà répondu sur ma première annonce de l’arrivée
qu’il attendait mon second avis pour venir l’examiner et ensuite le faire
examiner. Le conducteur a été retenu depuis samedi 12, jour de son
arrivée à la barrière jusqu’à aujourd’hui 19, qu’il lui est libre de partir. Il
a demandé un dédommagement pour le retard occasionné par nous
attendu de la nourriture à Paris de 18 chevaux et de quatre hommes
et ceux d’allées et venues soit des hommes, soit des chevaux à mesure
qu’on en avait besoin sur la place pour faire avancer ou reculer les
chariots[…] M. Jomard persiste positivement dans l’opinion de ne rien
proposer au gouvernement avant que le sarcophage n’ait été accepté
[…]
L.A.S. 19 février 1825
[…] Tous ceux à qui je parle du plan d’envoïer les antiquités en
Amérique le regardent comme chimérique. Ce peuple n’est pas assez
avancé pour porter ses vues sur les arts de curiosité.[…]Il n’y a qu’à
wassington qu’on a formé bibliothèque et commencement de musée.
M. Jomard doit consulter relativement à l’envoi dont il s’agit un savant
américain qui a renoncé à son païs pour se fixer en France au milieu
de son gout pour multiplier ses connaissances .Je ne verrai pas
d’inconvénient à ce que M. Drovetti neveu que je salue de tout mon
cœur entamât dés à présent une correspondance avec le négociant
de Barcelone, lui soumit ses propositions ou lui demandât les siennes.
Les réponses de ce négociant serviraient de premier indice[…]
L.A.S. du 20 mars 1825
[…] J’ai été depuis plusieurs jours rempli de tribulations relativement
au sarcophage Egyptien. Le propriétaire de la salle ou il est déposé,
m’a fait assigner à comparaitre au tribunal de première instance[…]
Grace aux soins de M. Jomard le musée s’est chargé de recevoir ce
monument. Le couvercle y est déjà. Le tombeau est chargé et y sera
conduit demain de grand matin par huit chevaux[…]
L.S. du 29 juillet 1825.
[…] Quoique je sois beaucoup mieux, mon cher ami, ma fille doit
encore tenir la plume pour me soulager.[…] Plus je pense aux embarras
qui m’auraient accablé si par égard pour Mr Drovetti le musée ne
s’était pas chargé du sarcophage, plus je me console de la modicité
du prix qui a été accordé .Depuis deux ou trois ans, on sollicitait la
formation au musée d’une salle pour les monuments Egyptiens, une
lettre officielle du ministre à la commission d’Egypte vient de déclarer
positivement qu’on renonçait à la formation de cette salle. Cette
décision me peine pour les monuments de cette nature que vous
avez à Marseille. Je souhaite que l’inspection que doit en faire Mr le
Comte de Forbin puisse amener une exception à la décision dont il
s’agit, j’en doute .Mais que serions nous devenus si le sarcophage nous
fut resté. Je dois croire que les détails que j’ai envoïés à Mr Drovetti
rendront son opinion semblable à la notre. Aussitôt que je pourrai
sortir librement je verrai avec M. Jomard s’il est possible de tenter la
vente de la coudée pour la bibliothèque, celle-ci n’a que des fragmens
d’une coudée. En général nous avons tant de dépenses au ministère
de la maison du Roi, et tant d’intrigues sur ce chapitre qu’on ne peut
s’y occuper des arts[…]
L.S. du 25 aout 1825
[…] j’ai attaché bien peu de prix à la décoration dont vous me parlez,
j’avais même énoncé officiellement mon dédain à cet égard […] Un ami
que je ne connais pas encore, a inséré l’annonce que vous avez vue
dans plusieurs journaux .Ce qui m’a attiré des félicitations multipliées
par visites, m’a forcé de prendre le ruban. Ma réponse au ministre
lors de la première dépêche a été ce qu’elle devait être, vigoureuse
et sentant le mépris que j’étais autorisé à avoir. J’avais soutenu
l’établissement de jeunes de langues au milieu des destructions
révolutionnaires, je l’avais maintenu contre la puérile jalousie des
proviseurs fâchés de ce que les maitres de cet établissement ne
dépendaient pas d’eux et étaient nommés et païés par le ministère.
Pendant dix huit ans j’ai subi la charge de la surveillance de cet
établissement sans la rétribution d’un denier. Le proviseur actuel est
un jésuite d’hypocrisie […] affublé d’une dévotion du petit genre pour
obtenir le renversement d’un établissement qui existait depuis 126
ans. Le bureau n’a pas fait son devoir, j’ai un grand tort héréditaire
dans ce bureau, celui d’avoir rendu à nos relations de commerce
et de navigation en Egypte, le service éminent d’avoir combattu ses
menées et ses combinaisons intéressées pour empêcher M. Drovetti
d’être rétabli dans le Consulat général. Au reste tout ce qui s’est passé
depuis cinq ans dans ce collège Louis Le Grand est dans l’intention de
remettre cette maison entre les mains des jésuites. Le ministre a pour
confesseur un des coryphées de cet ordre[…]
L.A.S. du 22 février 1827
[….] j’ai eu le plaisir d’embrasser M. Drovetti hier vers une heure de
l’après midi, il était arrivé le matin. Il n’avait pas reçu de réponse sur
la demande que M. Livron avait faite au ministre d’une autorisation
pour aller aux eaux d’Aix en Savoie avant de venir à Paris. Le ministre
ne s’en sera point rappelé. Ces demandes se font par écrit. Il loge
chez son épouse. Il parait déterminé à ne point retourner en Egypte
comme consul. J’aperçois qu’on veut le presser de s’expliquer à cet
égard, nous ne pouvons point présumer de son caractère qu’il adopte
un biais pour répondre[…]
L.A.S. du 30 juillet 1827.
[…] M. Drovetti continue à recevoir l’accueil le plus flatteur. Le ministre
vient de l’avertir qu’on avait besoin qu’il retournât promptement
à Alexandrie. Il ne pourra point s’en dispenser de la faire, mais il
faut au préalable qu’il profite de la circonstance pour obtenir des
arrangemens qui terminent ses embarras pécuniaires Il se réduit à
demander qu’on se charge de sa collection[…]
L.A.S. du 30 avril 1827.
[…] On paraissait d’abord avoir consenti se charger de ses antiquités
moienant une somme de 150 mille francs. M.de la Bouillerie qui est le
chef du trésor de la liste civile a demandé qu’on fit estimer les objets.
Si ce dernier avis prévaut il faudra probablement que notre Consul
aille à Marseille pour assister lui même à l’estimation et déffendre
ses intérêts. On est cependant impatient de son départ. On sent que
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sa présence auprès du Pacha d’Egypte est nécessaire au milieu de
la confusion d’idées et de principes qui a engendré cette certaine
intervention. Voïons ce qui en résultera, probablement des nouvelles
sotises. Voici ma façon de penser […]
L.A.S. du 20 septembre 1827
[….] je désire de tout mon cœur que M. Drovetti avant de quitter
Marseille puisse faire faire l’estimation des antiquités qu’il a cédées
au gouvernement .Il vous communiquera le honteux traité que M.de
la Bouillére a dressé et exigé. M. Drovetti avait estimé sa collection à
150 mille francs, M. de la Bouillerie a stipulé qu’elle serait estimé, que
si l’estime était en moins, ce serait tant pis pour lui , mais que si elle
était en plus, il ne recevrait que les 150 mille francs demandés par lui.
En vérité un pareil traité fait au nom d’un souverain est indécent[…]
L.A.S. du 31 octobre 1827
[…]je pense que l’attaque à Navarin, la destruction de l’escadre
en grande partie Egyptienne, ont été provoquées par la haine des
anglais contre le Pacha d’Egypte qu’ils envisagent comme pouvant
un jour leur nuire dans leur possessions de l’Inde. Les gens sensés
qui ont toujours considéré cette intervention comme une prépotence
contraire à tous les droits reconnus entre les puissances qui ne
sont pas en guerre déclarée, ne peuvent point penser que notre
gouvernement ait autorisé l’amiral Rigny à agir hostilement comme il
l’a fait. Il convient qu’il devrait être mis en jugement. On ne conçoit
pas qu’Ibrahim Pacha dont le premier soin devait être de protéger
son escadre, se soit éloigné de Navarin.[…] je plains notre estimable
Consul d’avoir à emploïer les ressources de son bon esprit, de ses
lumières, de son expérience, de sa haute raison ,de son zèle pour la
France ,au milieu de tant de travers, d’une absence totale de sens et
de système raisonné .Je le crois rendu à ces heures ci à Marseille Je
l’estime autant que je l’aime. Vous l’embrasserez pour moi. Adieu, mon
cher ami, recevez mes embrassemens et l’expression de tout mon
attachement […]
L.A.S. du 15 novembre 1827.
*D’autres extraits de cette correspondance font l’objet d’un
document numérique séparé disponible sur demande à la maison
de vente.
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About the lot N° 86 Title : Egyptologie, Period : 2003 Medium : Pendant dix huit ans j’ai subi la charge de la surveillance de cet Leclere - Maison de ventes, auctioneer, Marseille, FRIt's free to register now to view! Sale title : LIVRES ET COLLECTIONS Sale date : 27 Jun 2019It's free to register now to view! Sale Reference : Live Sale