Über das Lot Chargen- 36
Titel : Couple, Mbanza, République Démocratique Du Congo
Herkunft : Acquis à Kinshasa en 1983
Collection Françoise et Jean Corlay, ParisLiterature : Grootaers, Ubangi, Art and cultures from African Hearland, 2007, p. 131,
n°3.32Anmerkung : La statuaire des peuples de langue ubangienne situés à l’extrême
Nord-Ouest du Congo puise dans une dynamique créatrice commune à une
vaste mosaïque ethnique, occupant la région du fleuve Ubangui et répartie
sur les territoires de la République Centrafricaine, de la République Démocratique
du Congo et du Sud Soudan. Ce très rare couple de statues Mbanza en
illustre à la fois la profonde homogénéité stylistique, empreinte d’une
force singulière, et la diversité des expressions.
Son étude et son interprétation sont délicates du fait de la
quasi-absence de données historiques (informations de collecte et études
de terrain), propre aux œuvres de cette région, de l’étroitesse
du corpus sculptural et aussi de l’identité complexe des Mbanza. Répartis
géographiquement en quatre groupes, leur langue les apparente aux Banda
mais leur culture les rapproche davantage de leurs voisins Ngbaka, dont
ils encerclent le territoire (Burssens in Grootaers, 2007, p. 129).
Burssens (ibid.) souligne en particulier, qu’en raison du manque d’«
informations de première main sur les Mbanza, seules quelques données
permettent de leur attribuer une série de statues ». Parmi ces éléments
figure un dessin du belge Geo Morissens (1898, p. 377) réalisé en 1897
lors d’un voyage d’exploration le long de la rivière Lua, où
sont représentés six « Fétiches des Banza » en bois – quatre
figures humaines et deux animales. Ce dessin et quelques précieux spécimens
collectés au début du XXe siècle, ont permis de définir un style Mbanza
dont le couple de la collection Corlay constitue l’archétype
(Meurant in Grootaers, ibid., p. 185). Très apparenté à celui des Ngbaka
voisins (volumes résumés à leurs formes essentielles, base rectiligne de
la large tête, bras dégagés du corps, tête ronde, scarification en « crête
de coq »), il se caractérise notamment par cette coiffe singulière évoquant
un bonnet strié, des oreilles orientées de face, des yeux larges et une
nervure médiane divisant le visage en deux plans.
Sa rareté réside également dans la conservation des deux figures formant
le couple. Selon Meurant (ibid., p. 152-153), l’iconographie de la
statuaire ubangienne « s’exprime le plus souvent par la figuration
de couples [en particulier] chez les Banda, Mbanza, Ngandi et Zande ».
Très peu nous sont parvenus complets. Si leur signification précise
demeure incertaine, « les figurations du couple symbolique étaient honorées
et nourries pour obtenir santé, prospérité et fécondité , pour protéger
les cultures ou le village ou pour que la chasse soit fructueuse. Elles
intercédaient – pour le village, le clan, la famille ou la
personne – auprès des esprits qui régissaient les conditions
naturelles et surnaturelles » (ibid.). Voir Grootaers (2007, p. 123, n°
3.17) pour un couple de statues Ngbaka comparable.
Enfin, malgré leur parenté stylistique, la signification des statues
Ngbaka et Mbanza diffère. Ces derniers n’érigeaient pas de châsse
et de figures en l’honneur de leurs défunts. Selon l’administrateur
territorial Georges Bril, les statuettes mbanza « attachées à un grand
piquet placé devant la maison (ou placées dans la maison) stylisent le
protecteur de la famille » et « chaque chef de famille cherche à s’en
procurer une » (Bril, 1912, cité par J. Maes, 1938, p. 124). Morissens (cf.
supra) les avaient décrites installées à l’entrée du village sous
un toit de hutte, à l’instar des statues Ngombe honorées afin d’obtenir
une chasse fructueuse (cf. Sotheby’s, Paris, 12 décembre 2012, n°
104). L’usure et la profonde patine sombre résultant d’onctions
successives révèlent l’ancienneté de ce couple de figures
protectrices, archétype de la rare statuaire Mbanza.
Mbanza couple, Democratic Republic of the Congo
The statuary of Ubangi-speaking peoples from the north-westernmost part
of the Congo is a product of the creative dynamic shared by a vast
ethnic mosaic which occupies the Ubangi River region and spreads across
the territories of the Central African Republic, the Democratic Republic
of Congo and South Sudan. These very rare Mbanza couple figures
illustrate both its profound stylistic homogeneity - imbued with a
singular force - and the diversity of its expressions.
The study and interpretation of these figures is made complex both by
the almost complete lack of historical data characterizing pieces from
this region (collection information and field studies), the small size
of the sculptural corpus, and the complexity of the Mbanza identity. The
Mbanza are split geographically into four groups and, although they are
linguistically related to the Banda, their culture is more akin to that
of their Ngbaka neighbours, whose territory they encircle (Burssens in
Grootaers, 2007, p. 129). Burssens (ibid.) stresses that due to the
scarcity of first-hand information on the Mbanza, only a few elements
make it possible to attribute a specific series of statues to them.
Amongst these elements is a drawing made by Belgian captain Geo
Morissens (1898, p. 377) in 1897, during an expedition along the Lua
river, and featuring six wooden Banza Fetishes - four human figures
and two animal figures. This drawing, along with a few specimens
collected in the early twentieth century, helped define a style, the
archetype of which is considered to be embodied in this Mbanza couple
(Meurant in Grootaers, ibid, p. 185). This pair of figures are very
closely related to the neighbouring Ngbaka's style (outlines pared down
to their essential features, broad head with a rectilinear base, arms
away from the body, round head and cockscomb scarification), and are
characterized by their unique coiffures, reminiscent of striped hats,
their forward facing ears, which are incorporated into the outline of
the face, their large eyes, and the central rib that divides their face
into two separate planes.
The rarity of this couple is enhanced by the fact that both figures are
in very good condition. According to Meurant (ibid, p. 152-153), the
imagery of Ubangi sculpture is most often expressed through the
representation of couples (especially) for the Banda, Mbanza, Ngandi and
Zande people. Very few of these couples have survived undamaged.
Although their precise significance remains unclear, the symbolic
representations of couples were honoured and fed to ensure health,
prosperity and fertility, to protect the crops or the village or to
bring successful hunting. They interceded - on behalf of the village,
the clan, a family or an individual - with the spirits that governed
natural and supernatural conditions. (ibid). See Grootaers (2007, p.
123, n°3.17) for a pair of related Ngbaka statues.
Finally, despite their stylistic closeness, the significance of Ngbaka
and Mbanza statues is not the same. The latter did not make reliquaries
or figures in honour of their dead. According to territorial
administrator Georges Bril, Mbanza statuettes, tied with a rope to a
large pole in front of the house (or placed in the house), are a
stylized embodiment of the protector of the family and the head of
each family seeks to procure one (Bril, 1912, mentioned in J. Maes,
1938, p.124). Morissens (cf. supra) described them standing at the
entrance of the village, under a hut roof, like the Ngombe statues that
were honoured in order to obtain a successful hunt (cf. Sotheby’s,
Paris, 12 December 2012, No. 104). The wear marks and deep dark patina
resulting from successive unctions reveal the age of this pair of
protective figures, the archetypes of rare Mbanza statuary.Sotheby's, Auktionator, Paris, FR
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Verkaufstitel : Collection Françoise et Jean Corlay – Arts d’Afrique
Verkaufsdatum : 18/06/2013
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Auktionsreferenz : Live Sale